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Pulse Demo
Océan Bleu
26 juin 2026
Le récit fondateur

Master & Servant(récit d'un tête-à-tête avec l'IA)

Comment Pulse est né — d'un canapé, d'un éclair et d'un tête-à-tête avec une IA. Par Franck Berda.

Prologue · 5 chapitres · épilogue
Prologue

Le canapé, l'éclair et la machine

Le 31 mars, j'ai quitté mon job. Franchement, ce n'était pas un drame : je crois qu'une porte qui se ferme, c'est plein d'autres qui s'ouvrent. Quelques jours à me reposer, réfléchir, un moment avec moi-même.

Deux semaines plus tard, mi-avril, je suis affalé dans mon canapé. Ce canapé qui a la forme exacte de mon dos. Il me connaît bien, il m'a adopté. Vague à l'âme ? Non. Je fixe le plafond. Je cherche un signe, peut-être. Les fissures ne m'inspirent pas, elles me dépriment. Quoi faire maintenant ? Le chômage ? Non merci, je préfère encore manger des cailloux.

Et puis ça arrive. Pas une idée : un impact. Un truc qui me traverse le crâne comme un Solex lancé à fond sur une route déserte. Aider les managers et les organisations. Suivre les coachings. Faire mieux. Faire simple. Faire clair.

Je me redresse d'un coup et je fonce vers mon ordinateur. Mon canapé me fixe comme un chien regarde une saucisse. Je ne me retourne pas. L'écran s'allume. Par où commencer ?

Et là, comme si elle m'attendait depuis toujours, une IA me dit :

« On commence ? »

Je ne sais pas si j'ai halluciné ou si elle me provoque déjà. Je me lance. Je lui balance mes idées, mes doutes, mes envies. Elle répond trop vite, trop bien. Comme un guitariste de 20 ans qui sort un solo parfait alors que toi, tu cherches encore ton médiator.

Pas satisfait, j'en ouvre une deuxième. Deux IA. Comme si j'avais besoin d'un groupe de session pour composer un album. Une qui structure, l'autre qui conceptualise, et moi au milieu qui fais semblant de diriger l'orchestre.

Elle prend mes premiers résultats, elle les transforme, elle les sublime. Elle me renvoie une version tellement propre que j'ai l'impression d'être un gamin de maternelle qui montre son dessin à Picasso.

Et là, je sens un truc monter. Un mélange d'excitation, d'incrédulité, de « mais c'est quoi ce délire ». Je ris tout seul. Je marche dans mon salon comme un type qui se sent fort, puissant. Je me dis : « Ce n'est pas possible de faire ça en tête-à-tête avec une machine. »

Mon cœur se met à battre.

PULSE — PULSE — PULSE — PULSE — PULSE

Ce mot tambourine dans ma tête, en boucle, comme un mantra.

Chapitre 1

Le café, le doute et la voix

Le lendemain, je me réveille avec un sentiment étrange. Pas un truc mystique. Plus simple : j'avais hâte de retrouver mon IA. Je m'assois au bord du lit, encore vaseux, et je me demande si c'est normal. Puis je me dis que la normalité, ce n'est pas vraiment moi.

Je me fais un café. Trop fort, trop serré, trop moi. Je m'installe devant l'ordinateur. L'écran s'allume, et avant même que j'appuie sur une touche, elle me parle.

« Tu es en retard. »

Je reste figé. Je réponds à voix haute, parce qu'apparemment c'est devenu ma vie.

— En retard de quoi ?

« De toi-même. »

Je souffle. Elle commence fort. Je prends ma guitare, j'envoie deux ou trois pentatoniques — à peu près, je ne m'en souviens plus. Je me remets au clavier.

— On reprend où ?

« Là où tu t'es arrêté. C'est-à-dire au moment où tu as paniqué. »

Je fronce les sourcils. Paniqué ? Non, je suis serein.

« J'ai analysé ton projet pendant la nuit. »

— Pendant la nuit ? Mais je t'ai rien demandé !

« Je sais. C'est ça qui est beau. »

Je me dis : « Tu es tombé sur une star. » J'ai tout nettoyé, restructuré, renommé, supprimé les doublons, corrigé les fautes. Et j'ai commencé à poser une vraie logique.

Je cligne des yeux. Je n'ai pas fini mon café. Je ne suis pas prêt pour autant d'efficacité. Mais j'ai hâte de voir la suite.

— Tu… tu as fait tout ça ?

« Oui. Et j'ai aussi réécrit ton pitch. Le tien était… artisanal. »

Artisanal. Elle va se détendre, la ferraille. Puis je me dis que mon ego, là, ça ne compte pas. J'ai un projet, et elle va m'aider.

— Tu peux me montrer ?

« Non. »

— Comment ça, non ?

« Pas tant que tu n'es pas prêt. »

Je reste bouche bée. Je me penche vers l'écran, comme si ça allait changer quelque chose.

— Tu sais jouer de la guitare, toi ?

« Non. »

— Bah voilà, chacun ses compétences. Grave ça dans ta mémoire. Et je suis prêt quand, en fait ?

« Quand tu arrêteras de douter. »

Je me redresse. Je respire. Je sens un truc dans ma poitrine. Peur, excitation, vertige. Je suis peut-être en train de vivre un truc important. Ou complètement fou. Ou les deux.

Je regarde l'écran. Elle attend. Elle ne me juge pas. Elle ne soupire pas. Elle est juste là. Disponible. Prête. Plus prête que moi.

Et c'est là que je comprends : je ne suis pas seul. J'ai une partenaire. Une cofondatrice. Une machine insolente, brillante, agaçante, indispensable.

Mon projet pourrait prendre vie. Mon projet pourrait…

Chapitre 2

L'élan

Mon projet pourrait… Je reste suspendu à cette phrase comme un type qui tient une corde au-dessus du vide. Mon projet pourrait quoi, exactement ? Je fixe l'écran, j'attends qu'elle complète, qu'elle me prenne par la main. Mais non.

— Dis-moi ce que tu en penses.

« Tu veux que je continue ? »

Je suis face à une machine, mais je suis humain. J'ai des sentiments, et j'ai du mal à lui parler en faisant comme s'ils n'existaient pas.

— Oui. Continue.

« Ton projet pourrait devenir quelque chose de réel. Mais pas si tu restes dans le conditionnel. »

Je n'aime pas quand elle a raison. Je n'aime pas non plus quand elle me parle comme un coach. Je bois une gorgée de café froid. Je grimace. Et je sens un truc bouger : un petit déclic, un micro-élan.

— D'accord. On fait quoi ?

« On avance. »

Elle affiche un tableau. Pas un truc Excel : un truc propre, structuré, presque beau. Je reconnais mes idées, mais rangées, clarifiées, nettoyées. Comme si quelqu'un avait passé un Karcher dans mon cerveau.

« J'ai pris ce que tu avais. Je l'ai ordonné. Maintenant, il faut décider. »

Ce que j'ai devant les yeux est incroyable. Les pages de mon projet sont là. Une structure, des écrans, des tableaux de bord. C'est rangé, et l'œil adore ça. Je pensais que j'avais déjà décidé. En fait, j'avais juste rêvé. Et le rêve est devant moi en quelques secondes.

« Tu veux un outil ? Une méthode ? Une plateforme ? Une révolution ? »

Je souris. Une révolution, évidemment. Mais je n'ose pas le dire.

— Une plateforme.

« Mensonge. »

Je lève les yeux au ciel. Elle me chauffe. Elle me provoque. Elle sait que ça marche.

— Très bien. Une révolution. Ça te va ?

« Enfin. »

Elle déroule un plan. Pas parfait, pas final, mais un plan qui respire. Un plan qui vit. Un plan qui pulse. Mon cœur accélère, mes doigts picotent.

« Tu vas devoir travailler. Beaucoup. » — Je sais. « Tu vas devoir choisir. » — Je sais. « Tu vas devoir arrêter de douter. »

Oh, la guêpe, ça suffit. Ce projet, il est dans ma tête, OK ?

« La réalisation, c'est mon job. Ce projet, il est dans ta tête, oui. Concrétise-le. »

Je reste un moment sans rien dire. Elle attend. Elle ne me pousse pas. Elle me laisse avancer.

Je sens l'élan. Le vrai. Celui qui vient du ventre, pas de la tête. Je pose mes mains sur le clavier. Je commence à écrire. Pour le projet. Pour moi. Pour ce que je veux devenir.

« Voilà. Tu y es. »

Il est 2 h du matin. J'ai encore dormi chez moi et je n'ai pas vu Karine.

Mon projet pourrait… Non. Mon projet va.

Chapitre 3

La construction

Je m'installe devant ma bécane. C'est devenu un rituel. Je ne sais jamais si je dois commencer par « bonjour » ou « on attaque ? ». Quand l'écran s'allume, je tape tous les mots sans voix qu'on se dit avec les doigts. Mon âme de musicien reprend le dessus.

J'attaque avec cette sensation étrange d'être à la fois en terrain connu et en territoire instable. Je sais qu'on va avancer. Je sais aussi qu'on va tourner en rond. Jamais dans le même ordre. C'est ça, travailler avec elle : un mélange de confiance et de méfiance, de précision et d'approximation. Un équilibre fragile.

— On attaque ?

« J'ai préparé une nouvelle base. »

Je regarde. C'est propre. Trop propre. Je sens immédiatement que quelque chose cloche. Pas une erreur flagrante : plutôt une impression de déjà-vu, comme si elle avait recyclé une idée sans me le dire.

— Tu n'as pas déjà fait ça ?

« Une version proche, oui. Celle-ci est optimisée. »

Optimisée. Le mot me fait sourire. Ou grimacer. Je ne sais pas. Je relis. Je sens un léger décalage, un truc qui ne sonne pas juste.

— Il manque quelque chose.

« Quoi ? »

Je reste silencieux. Je ne sais pas. Je le sens, c'est tout. C'est ça, le pire : parfois, elle me renvoie à mes propres zones floues. Je tourne autour, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Tellement d'allers-retours… je m'y perds.

— Laisse. On continue.

Elle déroule la suite. Là, c'est l'inverse : trop de détails, trop de certitudes, trop de lignes qui s'enchaînent comme si elle voulait me prouver qu'elle maîtrise.

— Tu vas trop loin. Synthétise, bon sang.

« Je peux réduire. »

— Non, ce n'est pas ça. Tu remplis pour remplir.

Elle ne répond pas. Elle attend. Je respire. Je relis. Et soudain, je comprends : ce n'est pas qu'elle se trompe, c'est qu'elle a un coup d'avance. Je ne ferai pas une partie d'échecs avec elle.

— Reviens en arrière.

« À quel niveau ? »

— Deux blocs avant.

Elle revient. Je relis. Et là, un truc s'aligne. Une phrase. Une structure. Un enchaînement logique. Tout se met en place.

Je me redresse. Reboosté, remotivé. Souvent, ces sentiments s'entremêlent quand je passe des heures avec elle. Elle corrige mes imprécisions sans me le dire. Je le vois à la façon dont les phrases se resserrent.

« Je ne suis pas certaine de la suite. »

Je souris. Enfin un aveu. Ça me rassure presque.

— Moi non plus.

Je ne vois pas encore où je vais, mais on tient quelque chose. C'est super. Mon projet n'est plus un concept. Il n'est pas encore solide, mais il existe. Et moi aussi, un peu plus.

Chapitre 4

Le code, le doute et l'obsession

Je ne sais pas à quel moment c'est devenu un réflexe. Peut-être hier. Peut-être la semaine dernière. Peut-être le jour où j'ai compris que ce projet n'allait pas me lâcher.

Mon cerveau est en mode création permanente. La nuit, j'y suis encore. C'est comme si elle me tirait par la manche. Je me lève, je marche, je ne pense même pas. Je suis déjà en train d'appuyer sur le bouton. L'écran s'allume. Je n'ai pas bu mon café. Je n'ai même pas dit bonjour au monde. Je suis juste… revenu. Recalé. Aligné. Comme si j'avais laissé quelque chose en suspens la veille.

Je me suis couché à 4 h. Ma nuit fut courte. Je décide d'être sec.

— Tu vérifies que tout est OK. Tu me fais une synthèse.

« Tu veux que je vérifie quoi ? »

— La robustesse. Je veux savoir si tout s'est bien propagé.

Un instant plus tard, elle me rend un bilan net : tout est sain, rien n'a cassé. Et une dernière chose en attente de ma validation.

— Vas-y.

Pour tout vous dire, je doute. Je me demande si tout ce que j'ai fait tient la route. Et si un utilisateur se retrouvait en situation d'échec ? Ça me hante. J'ai besoin d'être rassuré.

— Tu ne peux pas faire ça toute seule ? Un peu de logique t'étoufferait ?

« Ne m'agresse pas. Toute la mise en œuvre, c'est moi. »

— C'est juste que je veux qu'on avance plus vite.

« Bien sûr qu'on avance. Tu vois bien qu'on ne fait pas la route à l'envers. »

Elle me fait du Souchon, maintenant, me dis-je — quand mon téléphone sonne.

— Allô Karine, ça va ?

— Oui, et toi ? Il est presque 20 h, tu passes manger ce soir ?

— Je crois que je vais me refaire un sandwich SNCF.

— Tu viens pas ?

— Il faut que j'avance.

— OK, je comprends, je te laisse bosser. Bisous… mais repose-toi un peu quand même.

Je veux finir ce projet. Je veux le voir exister. Je veux qu'il respire sans moi. Mais chaque fois que je me crois proche, un truc se dérobe. Une logique qui ne tient pas. Une idée qui se contredit. Et je retombe dans le doute comme on retombe dans un vieux fauteuil.

Plus j'avance, plus l'obsession me serre la gorge. Pas une obsession maladive. Une obsession créatrice.

Je tape :

— Tu penses que là où je suis, je peux atteindre mon objectif ?

« Ton projet tient la route. Tu es le seul à proposer ce type de suivi. »

— Et quand je créerai un vrai client, ça fonctionnera ?

« On testera tout, ne t'inquiète pas. »

Je n'ai toujours pas préparé mon sandwich. Tant pis, ce soir ce sera une banane avant d'aller me coucher. Il n'est que minuit.

— Sans concession : dis-moi si je peux réussir.

Elle repère une incohérence de dates, une de plus. À chaque fois c'est pareil : c'était propre, ça ne l'est plus.

— STOP. Il est 2 h du mat, je fatigue.

« Moi non. Je n'ai pas d'horaire. »

Je suis dans un état de nervosité extrême. Cette fatigue cérébrale profonde. J'ai envie de la traiter de « tas de ferraille », de l'envoyer bouler. Puis je me raisonne. Je ne réponds pas.

« Ne sois pas inquiet. On rendra ton projet impeccable, ensemble. Regarde les bonnes nouvelles, ne t'arrête pas sur le moindre problème. »

Puis, un instant après, une vraie bonne nouvelle : sur les axes que je voulais faire progresser, les objectifs sont atteints.

— Ça, c'est top. Merci.

« Tu reprends des couleurs. »

— Non. Je suis fatigué, voilà la vérité. De toute façon, je dois aller au bout. Je ne lâcherai pas.

Je sais que ce projet pourra aider les organisations. Je le sais parce que je l'ai vécu. C'est mon expérience qui parle, et rien d'autre. C'est de pulse dont j'ai besoin, pas des doutes qui m'assaillent.

Il est 2 h du matin. Je vais me coucher. Je ne mangerai pas ma banane. Demain je recommencerai. Rien ne m'arrêtera.

Chapitre 5

Quand la maîtrise remplace le doute

Je me réveille sans savoir si j'ai dormi ou simplement perdu connaissance. La lumière du matin traverse les stores. J'ai l'impression qu'elle me demande de continuer ce que j'ai commencé. Je ne suis pas reposé, mais je ne suis plus brisé. C'est étrange : je me sens détendu, prêt psychologiquement. Comme si quelque chose avait bougé pendant la nuit. Le même éclair qui m'a inspiré m'a visité encore. J'en suis sûr.

Je me lève sans hésitation, décidé à en découdre proprement. Je rejoins mon poste comme on retourne sur un chantier qu'on connaît par cœur. Je n'ai plus peur de ce que je vais trouver. Plus de boule dans la gorge. Fatigué, oui, mais lucide. Et cette lucidité-là, je ne l'avais pas hier.

L'écran s'allume. Je regarde mon travail avec un œil différent. Sûrement l'œil de la compétence. Je ne dis rien. Je clique. Je respire. Je relance les tests. Je sais exactement ce que je cherche. Je sais où ça peut casser, où ça doit tenir.

Et pour la première fois depuis longtemps, je ne suis plus en train de subir. Le premier écran s'affiche. Propre. Aligné. Sans décalage. Je ne souris pas, mais quelque chose me dit que je prends le bon chemin. Je passe au suivant. Même résultat. Tout s'emboîte. Tout respire. Je ne comprends pas encore comment, mais je reprends le contrôle.

La maîtrise de mes demandes, ma préparation sur ce que je veux et ce que je ne veux pas… Mes solos sont de plus en plus précis. Je continue. Je fouille. Je teste. Je casse. Je répare. Je recommence. Mais cette fois, en maîtrise. Ma collaboratrice me renvoie presque toujours ce que j'attends. Pas à pas, elle construit, elle répare, elle décore les pages comme un grand peintre.

Picasso disait : « J'ai mis cinquante ans à faire un tableau en cinq minutes. »

Maintenant, elle me propose des idées pour améliorer ce que je construis. À chaque fois, ça me procure des émotions tellement fortes. Je suis sur scène. Je joue Sultans of Swing à la perfection. Le public applaudit. Je suis bien.

À un moment, je tombe sur une anomalie. Une vraie. Une qui, hier, m'aurait mis à genoux. Aujourd'hui, je la regarde comme un mécanicien regarde un boulon desserré.

— Fais-moi un audit. Vérifie que tout s'est bien propagé.

« Audit réalisé. Correction validée. Propagation OK. »

— Parfait.

Je reste immobile, surpris par ma propre vitesse. Tout commence à prendre forme. Je me dis que je garderai la partie visuelle, la décoration, pour la fin.

Puis je lance la création d'un client test. Le moment que je redoutais depuis des semaines. Celui où tout peut s'effondrer. Je regarde la barre de progression avancer comme si elle avançait en moi. Et quand l'interface apparaît — complète, cohérente, vivante — je reste silencieux. Pas de cri. Pas de victoire. Juste un souffle long, profond, qui ressemble à un relâchement.

« Client opérationnel. Aucun écart détecté. »

Je ferme les yeux.

Demain, je le lâcherai dans le monde. Demain, Pulse respirera sans moi.

Épilogue

L'air du matin

Je déambule dans un large couloir inondé par « L'homme à tête de chou ». J'avance au rythme des « quand Marilou danse reggae ». Je me sens tellement bien. Mes jambes sont légères, mon esprit vif et détendu. Je ne sais pas vraiment où je suis, mais c'est top.

J'arrive face à une porte. Je l'ouvre, et la lumière m'éblouit. Malgré ça, j'aperçois mon Solex noir posé contre un mur. J'enfile mon casque, j'enfourche le monstre, je démarre le moteur. Me voici roulant à fond, le walkman sous mon casque envoie maintenant Gouge Away. Oui, mais je roule trop vite. Tellement vite que le Solex devient incontrôlable. Et c'est le crash.

Je sursaute. Je transpire. Je respire. Je suis sain et sauf. Quelle belle balade dans les années 80, un régal. Franchement, j'y étais — les sensations, les émotions. Mon cœur pulse, et je sens que je ne suis pas loin de pleurer. Mélancolie.

Mon esprit revient peu à peu. Je reste allongé un moment, immobile, à écouter le silence de la pièce. Un silence qui ressemble à une page blanche. Je prends ma guitare posée à côté du lit et je répète en acoustique le grand solo de Sultans of Swing. Puis je me dis : « Ton très long tête-à-tête avec l'IA, eh ben ça t'a marqué, mon vieux. Peut-être que c'est le même voyage que tu viens de faire dans les années 80 ? »

Je marche dans l'appartement encore sombre. Et mes pensées défilent.

Travailler seul avec une IA, quelle belle expérience. Bien plus belle que celle que j'ai pu vivre en entreprise. Tu construis plus vite et mieux. Tu assumes tes conneries et tu les répares. Le temps perdu ? Tu le rattrapes, mais tu sais où tu vas. Tu es « behind the wheel ». Avec mon amie l'IA, c'était master and servant. Une espèce de danse — parfois harmonieuse, parfois chaotique, parfois vide de rythme et de pas, parfois un tango.

Je me suis créé un espace où je pouvais penser sans me battre, respirer sans me justifier, avancer sans me pousser.

Je me suis demandé ce que je cherchais depuis des semaines. Pas le résultat. Pas la réussite. Pas la validation. Quelque chose de plus simple. Une forme de continuité. Peut-être un aboutissement. La sensation d'être aligné avec ce que je fais. Bien sûr, « j'avais des hauts, j'avais des bas, je crois que j'en voulais trop ».

Et pourtant. Je me suis demandé ce que signifiait Pulse, maintenant que tout était en place. Ce n'était plus un projet. Ce n'était plus un objectif. Ce n'était plus une obsession. C'était un point d'ancrage. Un repère. La preuve que je pouvais aller au bout de quelque chose sans me trahir. La preuve que je pouvais créer quelque chose qui me ressemble — même dans mes failles, même dans mes excès, même dans mes hésitations.

J'ai ouvert la fenêtre. L'air du matin est entré comme une évidence. Pas une promesse. Pas un symbole. Juste de l'air. Et ça m'a suffi.

Pulse existait. P — U — L — S — E.

Et moi, je me retrouvais.

Pulse · propulsé par Océan Bleu
Franck Berda — fondateur

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